Exposition cartographie <1001 terres> Maison de l’innovation

Une vingtaine d’adhérents d’Auvergne Sans Frontières ont participé à la visite guidée de l’exposition organisée en 2008 par le Conseil Général du Puy de Dôme à la maison de l ’Innovation de Clermont Ferrand. La cartographie –une représentation d’un espace sur un support réduit,- sans doute, mais surtout une véritable réflexion sur des sociétés désireuses de connaître et d’interpréter leur environnement. De la représentation « primitive » du village et de ses chemins d’accès sur une roche à la photographie de la planète par satellite ou l’image satellitaire, il s’agit toujours de la même quête : la transcription d’une réalité telle qu’elle est perçue –celle de l’espace- par des codes qui en font un document abstrait dont la signification peut parfois échapper si l’on a affaire à des sociétés aujourd’hui disparues. Toute carte s’inscrit dans un contexte qui dépend des croyances des contemporains. Sous l’Antiquité, elle est dans la mythologie, puis les savants-philosophes Grecs tels Aristote, tentent de l’intégrer dans un monde rationnel lié à la réflexion mathématique qui conduit à « découvrir » la « rotondité de la terre ». A l’époque médiévale, la représentation de la terre reste déterminée par les dogmes religieux. Avec la Renaissance, le monde « s’élargit » : la carte –le portulan, document parfois secret-, se met au service des marchands et des « conquistadors » avides de conquêtes et de richesses. Les monarchies soucieuses de définir le pouvoir des états dessinent les frontières tandis que les militaires font dresser des cartes « Cassini » pour faire évoluer leurs armées avant que les dictatures n’en fassent parfois des « secrets militaires ». Aujourd’hui la carte est plus « prosaïque » : elle permet aux foules touristiques de se déplacer laissant aux scientifiques le soin d’exciter leur imagination vers d’autres mondes « extraterrestres » ou de permettre de donner une dimension esthétique sur la beauté du monde grâce à la photographie aérienne ou au contraire de faire naître la peur par l’observation des modifications climatiques. Oui, 2 heures de visite qui furent une leçon de philosophie avec cependant un regret : qu’une telle exposition n’ait pas trouvé des prolongements dans d’autres villes pour faire bénéficier au plus grand nombre une exposition qui montre la relativité des interprétations du monde.

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